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Virginia Eubanks (née en 1972) est une politologue américaine et professeure à l'Université d'Albany, SUNY, connue pour ses recherches sur la technologie et la justice sociale. Elle est l'auteure de « Automating Inequality », qui critique les préjudices algorithmiques infligés aux pauvres.

Virginia Eubanks (née en 1972) est une politiste, professeure et autrice américaine dont les travaux examinent l'intersection entre technologie et justice sociale. Elle est professeure associée au département de science politique de l'Université d'Albany (SUNY) et a concentré ses recherches sur la manière dont les systèmes automatisés et axés sur les données affectent les communautés économiquement défavorisées. Eubanks est surtout connue pour son livre de 2018 Automating Inequality: How High-Tech Tools Profile, Police, and Punish the Poor, qui a remporté plusieurs prix et a attiré l'attention du public sur les dangers de l'utilisation d'algorithmes dans les systèmes d'aide sociale publique.

Eubanks a également contribué au débat public grâce à des bourses et à du militantisme, notamment une bourse à New America, et en cofondant des organisations de base qui abordent les impacts sociaux et politiques de l'ère de l'information. Son travail allie recherche universitaire et activisme, en soulignant la nécessité d'une intervention de l'État et de politiques socialement responsables.

Formation

Eubanks est diplômée d'une licence en culture littéraire de l'Université de Californie à Santa Cruz en 1994. Elle a ensuite poursuivi des études supérieures à l'Institut polytechnique Rensselaer, obtenant une maîtrise en communication et rhétorique en 1999 et un doctorat en études des sciences et des technologies en 2004. Son parcours académique combinait l'analyse littéraire et les études technologiques, posant les bases de ses recherches ultérieures sur les dimensions sociales de l'informatique et des données.

Carrière et recherche

Eubanks a rejoint le corps professoral de l'Université d'Albany (SUNY) après avoir obtenu son doctorat en 2004. Ses recherches couvrent la technologie communautaire, la pauvreté, la citoyenneté des femmes et la justice sociale, avec un accent sur la manière dont les systèmes technologiques peuvent perpétuer ou atténuer les inégalités. En 2016-2017, elle a été boursière à New America, où elle a enquêté sur la vie privée numérique, les inégalités économiques et la discrimination fondée sur les données.

Eubanks a cofondé plusieurs initiatives visant à donner aux citoyens ordinaires les moyens de comprendre et de contester l'injustice technologique. Elle a été membre fondatrice du Our Data Bodies Project, qui travaille sur les pratiques de collecte de données affectant les communautés marginalisées. Elle a également cofondé les Popular Technology Workshops, un espace permettant aux membres de la communauté de définir et de combattre les injustices sociales, économiques et politiques de l'ère de l'information. En 2005, elle a contribué à fonder Our Knowledge, Our Power (OKOP), un groupe de défense des droits à l'aide sociale et de justice économique qui faisait partie de la Poor People's Economic Human Rights Campaign (PPEHRC) jusqu'à sa dissolution en 2015. Ses efforts l'ont positionnée comme un pont entre la recherche universitaire et l'activisme de base.

Eubanks a écrit deux livres en solo : Digital Dead End: Fighting for Social Justice in the Information Age (2011) et Automating Inequality (2018). Elle a également coédité Ain't Gonna Let Nobody Turn Me Around: Forty Years of Movement Building with Barbara Smith avec Alethia Jones, un volume documentant le travail de la célèbre féministe noire et militante Barbara Smith. En 2020, Eubanks a été présentée dans le documentaire Coded Bias, réalisé par Shalini Kantayya, qui explorait les impacts sociétaux de la reconnaissance faciale et d'autres technologies algorithmiques.

Automating Inequality

Publié en 2018, Automating Inequality examine comment l'exploration de données, les algorithmes politiques et les modèles prédictifs de risque affectent les pauvres et la classe ouvrière. Eubanks a enquêté sur des cas où des systèmes automatisés ont remplacé le jugement humain pour déterminer qui reçoit de l'aide, constatant que ces systèmes prenaient des décisions préjudiciables fondées sur des données défectueuses et des biais intégrés de classe, de race et de genre. Le New York Times a qualifié le livre de « captivant », notant son succès à rendre la technologie et les politiques accessibles.

Au cœur du livre se trouve le concept d'Eubanks de « digital poorhouse » (maison de pauvres numérique), qui décrit des systèmes technologiques encodant des hypothèses historiques ou culturelles sur la pauvreté. Elle a documenté des exemples spécifiques, notamment l'automatisation de l'éligibilité à l'aide sociale dans l'Indiana sous l'ancien gouverneur Mitch Daniels en 2006, des systèmes prédisant la maltraitance et la négligence envers les enfants, et des algorithmes qui évaluaient les personnes sans abri pour allouer un logement limité. Eubanks a soutenu que ces outils remplacent souvent le jugement humain par des données défectueuses, conduisant à des décisions préjudiciables qui pénalisent les pauvres. Elle a plaidé pour une intervention de l'État et pour l'élection de responsables politiques priorisant la responsabilité sociale.

Prix sélectionnés

Le livre Automating Inequality a reçu des éloges critiques et de nombreux honneurs. Il a remporté le prix Lillian Smith Book Award 2019, décerné à des œuvres démontrant un engagement envers la justice sociale, et le prix McGannon Center Book Prize 2018. Il a également été finaliste pour le prix Goddard Riverside Stephan Russo Book Prize for Social Justice 2018. Le New York Times a décrit le livre comme « captivant », un accomplissement notable pour une œuvre sur la technologie et les politiques.

Engagement public et reconnaissance

L'influence d'Eubanks s'étend au-delà du monde universitaire. Elle a été présentée dans le documentaire Coded Bias de 2020, réalisé par Shalini Kantayya, qui examine les impacts sociétaux des algorithmes et des biais dans la technologie. Son livre précédent, Digital Dead End: Fighting for Social Justice in the Information Age (2011), abordait également les questions d'inégalité dans la technologie, et elle a coédité Ain't Gonna Let Nobody Turn Me Around: Forty Years of Movement Building with Barbara Smith avec Alethia Jones. Son travail a été cité dans les discussions sur l'éthique de l'intelligence artificielle et les implications sociales des systèmes de apprentissage automatique, en particulier concernant la prise de décision algorithmique dans les politiques publiques.

Son militantisme inclut un appel à une plus grande responsabilité publique. Dans Automating Inequality, elle invente le terme « digital poorhouse » pour décrire des systèmes automatisés qui intègrent des hypothèses historiques et culturelles sur la pauvreté. Elle soutient que ces systèmes peuvent nuire aux populations vulnérables en utilisant des données défectueuses et en renforçant les biais de classe, de race et de genre.

Impact d'Automating Inequality

Automating Inequality est largement considéré comme une œuvre fondatrice dans le domaine de la technologie et de la justice sociale. Le New York Times a qualifié le livre de « captivant », notant son accessibilité pour un sujet impliquant la technologie et les politiques. Dans le livre, Eubanks a enquêté sur les impacts de l'exploration de données, des algorithmes politiques et des modèles prédictifs de risque sur les pauvres et la classe ouvrière. Elle a documenté des cas où des systèmes automatisés ont remplacé le jugement humain pour déterminer qui mérite de l'aide, souvent avec des résultats préjudiciables. Les exemples incluent une automatisation de l'éligibilité à l'aide sociale mise en œuvre par l'ancien gouverneur de l'Indiana Mitch Daniels en 2006, des modèles prédictifs pour la maltraitance et la négligence envers les enfants, et des systèmes qui évaluaient les personnes sans abri pour un logement limité. Eubanks a soutenu que ces technologies encodent des hypothèses historiques et culturelles sur la pauvreté, conduisant à des résultats injustes.

Pour résoudre ces problèmes, elle a plaidé pour une intervention de l'État et pour voter des responsables politiques qui valorisent la responsabilité sociale. Son travail a influencé les débats autour de l'éthique de l'intelligence artificielle et de la justice des données, inspirant des recherches et un activisme supplémentaires. Le livre a été finaliste pour le prix Goddard Riverside Stephan Russo Book Prize for Social Justice 2018 et a remporté le prix Lillian Smith Book Award 2018, qui récompense des écrits explorant l'injustice raciale et sociale.

Prix sélectionnés

La recherche d'Eubanks a été reconnue par plusieurs organisations. En 2018, Automating Inequality a remporté le prix McGannon Center Book Prize, qui honore des œuvres faisant progresser la compréhension des questions sociales et éthiques dans la communication. La même année, il a été finaliste pour le prix Goddard Riverside Stephan Russo Book Prize for Social Justice. En 2019, le livre a reçu le prix Lillian Smith Book Award. Ces distinctions reflètent sa position de voix de premier plan sur la manière dont la technologie croise la pauvreté et les droits civils.

Le travail d'Eubanks continue d'informer les débats sur la surveillance, la responsabilité algorithmique et l'éthique des systèmes de apprentissage automatique, en particulier dans les applications du secteur public.

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Catégories:social-justice·algorithmic-bias·technology-ethics·political-science
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