Le lancement de l'Autopilot de Tesla en octobre 2015 a introduit un système avancé d'aide à la conduite (ADAS) offrant une automatisation partielle du véhicule, correspondant au niveau 2 d'automatisation tel que défini par SAE International. Le système proposait un maintien de voie et un régulateur de vitesse adaptatif au trafic, permettant au véhicule de conserver sa position dans la voie et d'ajuster sa vitesse en fonction du trafic environnant, tout en exigeant une supervision continue du conducteur. Cette sortie a marqué une étape importante dans la commercialisation de la technologie d'aide à la conduite, s'appuyant sur des années de développement par Tesla et son partenaire Mobileye.
Le lancement faisait partie de la version logicielle 7.0 de Tesla, livrée par mise à jour à distance aux véhicules fabriqués après septembre 2014 et équipés du matériel Hardware 1 (HW1). Les capacités initiales du système étaient limitées aux scénarios de conduite sur autoroute, avec un freinage d'urgence automatique (AEB), un régulateur de vitesse adaptatif (ACC) et un centrage de voie. Le PDG de Tesla, Elon Musk, avait évoqué publiquement le concept d'Autopilot pour la première fois en 2013, notant que « l'Autopilot est une bonne chose à avoir dans les avions, et nous devrions l'avoir dans les voitures », bien qu'aucun système d'autopilot dans les aéronefs ne les rende entièrement autonomes.
Développement et partenariat avec Mobileye
Le matériel et le logiciel initiaux de l'Autopilot ont été développés en partenariat avec Mobileye, une entreprise israélienne spécialisée dans les systèmes d'aide à la conduite basés sur la vision. Les véhicules équipés du HW1 comprenaient une caméra frontale, un radar et des capteurs ultrasoniques qui alimentaient une plateforme de calcul pour un traitement en temps réel. Le système reposait sur des algorithmes de apprentissage automatique pour interpréter les données des capteurs et prendre des décisions de conduite, représentant une première application grand public de l'intelligence artificielle dans la sécurité automobile.
Le partenariat entre Tesla et Mobileye a pris fin en juillet 2016, Mobileye indiquant que Tesla « repoussait les limites en matière de sécurité ». Cette séparation a conduit Tesla à développer sa propre pile matérielle et logicielle, entraînant la transition vers le matériel Hardware 2 (HW2) en octobre 2016. La nouvelle suite matérielle, collectivement appelée Autopilot 2.0, offrait initialement moins de fonctionnalités que le système HW1 d'origine, les véhicules HW2 étant incapables d'effectuer des fonctions de convocation jusqu'à des mises à jour logicielles ultérieures.
Évolution des fonctionnalités et mises à jour logicielles
La version initiale de l'Autopilot en octobre 2015 a été suivie de la version 7.1, qui a supprimé certaines fonctionnalités pour décourager les comportements de conduite risqués. La version 8.0, publiée fin 2016, a introduit des améliorations significatives dans le traitement du signal radar, créant un nuage de points similaire au lidar pour aider à naviguer dans des conditions de faible visibilité. La mise à jour a également accordé une plus grande importance au système radar afin d'éviter des problèmes comme l'accident mortel de l'Autopilot en Floride en 2016.
En novembre 2016, l'Autopilot avait parcouru 300 millions de miles (480 millions de km), fournissant des données réelles précieuses pour le perfectionnement du système. Les mises à jour logicielles ont démontré l'approche de Tesla consistant à utiliser des mises à jour à distance pour améliorer en continu les capacités des véhicules, une rupture avec les pratiques automobiles traditionnelles où les fonctionnalités étaient fixées au moment de la fabrication.
Autopilot amélioré et conduite entièrement autonome
Fin 2016, Tesla a annoncé l'Autopilot amélioré (EAP) comme option payante pour les véhicules HW2, avec comme fonctionnalité phare « Navigate on Autopilot » - un système qui guide le véhicule sur les routes à accès contrôlé de la bretelle d'entrée à la bretelle de sortie, y compris les changements de voie automatiques, les transitions d'autoroute et les sorties. Cette fonctionnalité a été retardée jusqu'en 2018, soulignant les défis du développement de capacités de conduite autonome complexes.
Tesla a également proposé la conduite entièrement autonome (FSD) comme option de mise à niveau de l'EAP, étendant la conduite assistée par machine aux routes locales. Lorsque la vidéo « Paint it Black » démontrant la FSD a été publiée en 2016, la FSD réelle était reconnue comme « encore loin dans le futur ». L'option d'achat de la mise à niveau FSD a été retirée du site Web de Tesla en octobre 2018, Musk tweetant que la mise à niveau « causait trop de confusion ». L'analyste technologique Rob Enderle a qualifié ce retrait d'« incroyablement stupide », ajoutant « ne publiez pas un système qui ne fonctionne pas et rendez-le difficile à commander ».
Autopilot, critiques et examen réglementaire
La marque Autopilot a suscité des critiques pour avoir potentiellement induit les consommateurs en erreur, car le système exigeait une supervision continue du conducteur et ne constituait pas une capacité de conduite entièrement autonome. Tesla a déclaré que ses fonctionnalités d'aide à la conduite améliorent la sécurité et réduisent les accidents causés par la fatigue ou l'inattention du conducteur. Cependant, les collisions et les décès impliquant l'Autopilot ont attiré l'attention des médias et des régulateurs, y compris la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA).
Des experts de l'industrie et des défenseurs de la sécurité ont soulevé des préoccupations concernant le déploiement du logiciel auprès du grand public, qualifiant cette pratique de risquée et potentiellement irresponsable. Depuis 2013, Musk a prédit à plusieurs reprises que Tesla atteindrait la conduite entièrement autonome (niveau 5 SAE) dans un à trois ans, mais en juillet 2026, ces objectifs restent non atteints. L'évolution du système s'est poursuivie à travers de multiples itérations matérielles et logicielles, tous les véhicules Tesla produits après avril 2019 incluant l'Autopilot en équipement standard.
Héritage et impact
Le lancement de l'Autopilot en 2015 a établi Tesla comme un leader dans la technologie d'aide à la conduite accessible aux consommateurs, poussant les concurrents à accélérer leurs propres programmes de développement. La capacité de mise à jour à distance du système et son approche d'amélioration itérative ont influencé l'industrie automobile dans son ensemble, tout en suscitant des débats continus sur le rythme approprié de déploiement des systèmes de apprentissage automatique dans des applications critiques pour la sécurité. Le lancement a également contribué à la croissance des applications de apprentissage profond dans des contextes réels, démontrant le potentiel des réseaux neuronaux dans la perception et le contrôle des véhicules autonomes.